Affiche de l'exposition 'Paul Poiret. La Mode est une fête', présentant des motifs de couleurs vives et le texte 'Paul Poiret la mode est une fête' sur un fond graphique.

Exhibition “Paul Poiret”, musée des Arts décoratifs, Paris


Le musée des Arts décoratifs présente sa première grande monographie dédiée à Paul Poiret (1879-1944), figure incontournable de la haute couture parisienne du début du XXe siècle et proche des artistes novateurs de son temps, en particulier des fauves et de Charles Camoin.


Partageant un même goût pour la couleur, Poiret s’entoure des artistes fauves, les collectionne et collabore même avec certains (Maurice de Vlaminck, Raoul Dufy). Si la date exacte de leur rencontre n’est pas connue, Poiret et Camoin semblent se fréquenter dès 1912 par l’intermédiaire de leurs amis communs. Une photographie du fameux bal déguisé donné par Van Dongen dans son nouvel atelier, au 33, rue Denfert-Rochereau, montre en effet tout le groupe fauve réuni autour de Van Dongen et de sa femme Guus. À leurs côtés, sont présents Poiret et son épouse Denise en bacchante, situés vers le fond à droite, tandis que Camoin est près d’eux à gauche. Ce dernier est déguisé à l’identique de ses comparses Matisse et Marquet, en lutteur de foire, chauve mais barbu, affublé d’un maillot qui exhibe de faux muscles rembourrés, ornés de quelques touffes de poils et autres inscriptions de maladies – un trio costumé qui a longtemps marqué les esprits.

Bal Van Dongen, rue Denfert-Rochereau, février 1912, Archives Camoin

Pendant la Première Guerre mondiale, Poiret et Camoin sont tous deux mobilisés et, à leur retour, leurs liens d’amitié se resserrent. Ils font partie d’un même groupe d’amis à Saint-Tropez, où ils retrouvent, à la belle saison, l’écrivaine Colette, la peintre Marie Nivouliès, le compositeur Paul Ternisien, l’actrice Thérèse Dorny, Dunoyer de Segonzac, les Signac, les Manguin, les Eiffel, les Vildrac… En témoignent ces portraits mutuels, comme celui de Poiret dessiné par Camoin ou celui de Camoin par Poiret (collection particulière), ou encore le portrait intime de sa fille, Perrine, visible dans l’exposition et signe d’une grande proximité entre les deux artistes et ce, malgré les difficultés de Poiret à la fin des années 1920.

Camoin, Portrait de Paul Poiret, vers 1930, Collection particulière

Vue intérieure du musée des Arts décoratifs, montrant des œuvres d'art sur des murs violets, avec un tableau encadré à l'avant-plan et une sculpture en arrière-plan.

Vue de Camoin, La Sieste devant la fenêtre (Perrine Poiret), vers 1928 (Collection Alain Bras) dans l’exposition “Paul Poiret. La Mode est une fête”, MAD, Paris, 2025

En savoir plus

Commissariat : Marie-Sophie Carron de la Carrière

Direction artistique : Anette Lenz

Scénographie : Paf atelier