
Charles Camoin enfant, vers 1886, Archives Camoin
1879
Naissance à Marseille le 23 septembre, fils de Joseph Camoin (1846-1885), dirigeant d’une entreprise de peinture et de décoration, et de Marie née Legros (1848-1930), peintre et pastelliste, benjamin d’une fratrie de quatre enfants.
1885–1886
Installation de la famille à Paris, au 72, boulevard Saint-Michel. Mort de Joseph Camoin, Marie Camoin se retrouve seule avec quatre enfants placés sous la tutelle de leur oncle, Émile Camoin.
Séjour de quelque mois avec sa mère et sa sœur Jeanne à Venise chez une sœur de sa mère, Madame de Costanzo, qui habite un palais sur le Grand Canal.
1887-1891
Retour de Camoin à Marseille chez sa grand-mère et absences récurrentes de sa mère. Fréquente 13 collèges successifs dont ceux de Nice et de Cannes, où il est pensionnaire.
1892-1894
Vit à Paris avec sa mère, boulevard de Clichy, puis rue de Douai ; suit les cours au Lycée Montaigne.
1895-1896
Retour à Marseille où son oncle Émile l’inscrit à l’École de commerce et suit, en parallèle, les cours du matin à l’École des beaux-arts où il reçoit un premier prix de figure.

Charles Camoin, vers 1902, Archives Camoin
Fin 1897
Installation à Paris avec sa mère, rue de Châteaudun, puis rue de Courcelles, qui l’encourage à s’inscrire aux Beaux-Arts dans l’atelier de Gustave Moreau en janvier. S’y lie d’amitié avec Albert Marquet, Henri Matisse et Henri Manguin.
1898
Décès de Gustave Moreau le 18 avril. Titularisation de Camoin le 2 mai qui quitte l’École à l’arrivée de Fernand Cormon. S’inscrit à l’académie Camillo, rue de la Grande-Chaumière, où vient corriger Eugène Carrière.
Novembre 1900-septembre 1901
Service militaire, incorporé au 55e régiment d’infanterie, soldat de 2e classe, dans la région d’Arles. Peint sur les motifs de Van Gogh et rencontre le docteur Rey.
Octobre-décembre 1901
Son régiment étant stationné à Aix-en-Provence, Camoin en profite pour oser rencontrer Cézanne. Il lui rend visite à plusieurs reprises et entretient avec lui une correspondance.
Janvier 1902-1903
Muté à Avignon, au 23e régiment d’infanterie, comme secrétaire d’état-major.

Camoin et sa mère Marie, sur le balcon de l’atelier, place Dauphine, Paris, vers 1904, Archives Camoin
1903
Retour en septembre à Paris où il s’installe avec sa mère au 3, rue des Pyramides.
Visite à Claude Monet à Giverny avec lettre d’introduction de Cézanne. Séjours fréquents dans le Sud de la France.
À partir de cette date, participation régulière au Salon des indépendants, au Salon d’automne et à des expositions de groupe (avec Manguin, Matisse, Marquet, Puy, Mathan…) comme celles de la galerie Berthe Weill située à Montmartre.
1904
Nouvel atelier avec sa mère au 28, place Dauphine, avec vue sur la Seine et le Louvre.
Séjour en Italie (Capri, Naples et Rome) durant l’été puis à Marseille et dans ses environs où il retourne voir Cézanne.
1905
Organisation d’un dîner le 6 avril par Camoin, Matisse et Marquet en l’honneur de Rodin à la Closerie des Lilas.
Séjour durant l’été à Saint-Tropez avec Marquet et Manguin, puis à Agay et à Cassis avec Marquet.
Exposition au Salon d’automne dans la salle VII, la fameuse « cage aux fauves », avec Derain, Girieud, Manguin, Marquet, Matisse et Vlaminck.
1906
Séjour en Corse en janvier-février. À Marseille et ses environs durant l’été, où Signac vient le voir, nouvelles visites à Cézanne en septembre.
Participe à la première exposition du Cercle de l’Art moderne au Havre.
Mort de Cézanne le 22 octobre.
1907
Déménage à Montmartre avec sa mère, dans un atelier au 27, boulevard de Clichy, puis au 6, rue Mansart.
Voyage en mai à Londres avec Marquet et Friesz et en Espagne durant l’été (Madrid, Séville, Grenade, Barcelone). Hiver à Menton, Nice, Toulon.

Marquet, Camoin et Matisse, atelier de Marquet, 19 quai Saint-Michel, Paris, vers 1910, Archives Camoin

Camoin et Marquet, atelier de Marquet, 19 quai Saint-Michel, Paris, vers 1910, Archives Camoin
1908
Nouvel atelier au 14, puis au 12, rue Cortot. Début de sa liaison amoureuse avec la peintre Émilie Charmy.
Séjour à Cassis et La Ciotat durant l’hiver, à Marseille et Cassis l’été.
Première exposition particulière en avril à la galerie Kahnweiler à Paris. Contrat avec le marchand allemand Ludwig Schames situé à Francfort.
1909
Séjour pendant le printemps-été à Lyon, Toulon et Porquerolles avec Charmy.
1910
Nouvel atelier au 46, rue Lepic.
Séjour en Corse entre janvier et mai avec Charmy, et à Francfort en novembre.
Participe à la plupart des expositions internationales d’avant-garde (Salon de la Libre Esthétique à Bruxelles, Galerie Mánes à Prague, Sonderbund et Secession en Allemagne, Salon du Valet de Carreau à Moscou, Armory Show aux États-Unis…), notamment en Allemagne où il est remarqué par les Expressionnistes allemands comme August Macke.
1912
Participe au premier Salon de mai à Marseille. Contrat avec le marchand Eugène Druet chez qui il expose régulièrement depuis 1908.
Rupture avec Charmy.
Séjour à Collioure avec Marquet durant l’été. Voyage à Tanger fin novembre 1912-fin mars 1913 où il rejoint Matisse qui y travaille depuis octobre.
1913
Retour à Marseille fin mars où il rencontre les peintres Mathieu Verdilhan, Alfred Lombard et Victor Audibert, puis séjour à La Ciotat, Cassis avec Verdilhan et Manguin, puis Toulon, Martigues durant l’été et l’automne.
1914
Exposition particulière à la galerie Druet à Paris.
Destruction en juin de l’intégralité des toiles stockées dans son atelier de la rue Lepic (environ 80), lacérées, jetées à la poubelle et récupérées par des chiffonniers qui les revendent aux Puces.

Camoin, soldat du 115e régiment d’infanterie, 1914, Archives Camoin
1914-1918
Mobilisation de Camoin le 2 août au 115e régiment d’infanterie, envoyé sur le front des Vosges comme brancardier.
Nommé cycliste du major en mars 1915, Matisse lui envoie une bicyclette.
En janvier 1916, affecté au 13e régiment d’artillerie au service du Camouflage à Amiens où il rencontre l’écrivain Charles Vildrac, le sculpteur Charles Despiau et les peintres André Mare et Albert Eiffel. Affecté au service du Camouflage à Noyon en septembre 1917, secteur dirigé par André Dunoyer de Segonzac et Albert Brabo.
En décembre 1917, sa sœur Élise est internée dans un asile, Camoin doit assumer seul la charge de sa mère.
1918
Sujet à des vertiges et des phobies. En permission à Nice, visite à Renoir aux Collettes à Cagnes-sur-Mer, avec Matisse.

Camoin, vers 1920, Archives Camoin

Lola, Suzanne Prost (Dédé), Camoin et sa mère Marie Camoin, Villa Valflor, Saint-Tropez, 1922, Archives Camoin
1919
Démobilisé le 14 février, retour dans son atelier au 46, rue Lepic à Montmartre.
Rencontre Charlotte Prost (Lola), âgée de 28 ans, fille d’un ingénieur des Ponts et Chaussées, tout juste de retour des États-Unis où elle a passé une partie de la guerre pour poursuivre ses études.
Participe de nouveau régulièrement aux salons.
1920
Mariage avec Lola à Marseille en mars.
Séjour pendant l’été dans les environs d’Aix où il retourne sur les motifs de Cézanne, début octobre dans la région de Fontainebleau, en décembre à Toulon, au Brusc et à Antibes.
1921
Séjour durant l’hiver à Cannes et à Saint-Tropez. Achat en juillet de la villa Val-Flor à Saint-Tropez. Camoin et Lola partagent désormais leur vie entre Montmartre et Saint-Tropez, avec de nombreux séjours dans le Midi de la France.
Contrat avec les galeristes Charles Vildrac et Marcel Bernheim. Exposition particulière à la galerie Marcel Bernheim à Paris.
1923
Exposition particulière à la galerie Bernheim-Jeune à Paris.
1925
Nouvel atelier au 2 bis, avenue Junot conservé jusqu’à sa mort. Vente de la villa Val-Flor à Dunoyer de Segonzac et location d’une maison sur le port de Saint-Tropez à côté de de chez Sénéquier.
Expositions particulières à galerie Aktuarius à Strasbourg, et à la galerie Marcel Bernheim.
Début du procès contre Francis Carco, qui a tenté de vendre à Drouot les tableaux détruits en 1914, lequel a duré jusqu’en 1931, la justice donnant raison au peintre.
1926
Séjour à Marseille durant l’été.
1927
Séjour à Saint-Tropez et à Marseille durant l’hiver, et en Bretagne avec Jean Puy et les Marquet durant l’été.
1928
Location d’une chambre quai Rive-Neuve à Marseille au printemps 1928.
1929
Opéré d’une hernie en mai. Séjour en décembre à Genève.
Exposition particulière à la galerie Druet.
Photomatons Camoin et Marquet, Lola, Camoin, vers 1930, Archives Camoin
1930
Décès de sa mère, dont il était très proche, à Marseille le 24 mai.
Voyage avec les Marquet, en février en Espagne (Madrid, Barcelone, Grenade, Séville) et à Boulogne-sur-Mer en août.
1931
À Saint-Tropez durant le printemps, en Bretagne chez les Eiffel durant l’été et retour à Saint-Tropez à l’automne où est fêté le jubilé de Berthe Signac.
Exposition « Camoin et Marquet », au musée des Beaux-Arts à Rouen.
1932
Séjour en Bretagne en juillet.
1933
Naissance de sa fille Anne-Marie (Annie) le 12 octobre.
Exposition particulière à la galerie Bernheim.
1934
Période difficile financièrement.
Séjour en Suisse chez les Eiffel durant l’été et à Marseille en septembre.
1935
Séjour à Verdelot chez les Eiffel durant l’été, puis à Saint-Tropez.
Camoin s’inscrit au chômage en novembre.
1936
À Marseille, puis à Saint-Tropez, à La Cantine, une maison dans la baie des Canoubiers prêtée par le collectionneur Georges Grammont. Colette, qui habite La Treille Muscate, est sa voisine.
1937
Exposition « Albert Marquet, Charles Camoin » à la galerie Mignon-Massart à Nantes.
1939
Centenaire du peintre Paul Cézanne au Salon des indépendants où Camoin expose pour l’occasion le tableau La Saltimbanque au repos, lequel est lacéré la veille du vernissage. Après cet incident, Camoin n’a plus exposé au Salon des indépendants.

Camoin, l’atelier place de l’Ormeau, Saint-Tropez, vers 1942, Archives Camoin

Camoin et sa fille Annie, Paris, vers 1943, Archives Camoin
1940-1943
S’installe pendant la guerre à Saint-Tropez avec sa famille, occupant jusqu’en 1943 La Cantine. Location d’un atelier place de l’Ormeau.
Brouille avec Dunoyer de Segonzac en raison de sa participation au voyage de propagande des artistes français en Allemagne. Visite régulièrement Matisse à Cimiez et Bonnard au Cannet.
Pendant la guerre, vente de quelques toiles de Camoin en zone libre, à Lyon et dans le Sud-Ouest par Monsieur Loup, un ami du peintre Jean Launois. Exposition « Camoin-Jean Puy, peintures et pastels » à la galerie des Jacobins à Lyon en 1942.
1943
Retour de la famille Camoin à Paris en octobre.
Exposition de petits formats à la galerie Louis Carré en novembre.
1945
Retour des Marquet en France, à la Frette-sur-Seine où Camoin se rend régulièrement jusqu’à la mort de Marquet. Séjour en juillet en Bretagne chez les Eiffel, puis à Saint-Tropez.
Exposition particulière à la galerie Charpentier à Paris.
1946
Location d’un atelier sur le port de Saint-Tropez, au 4, rue Suffren gardé jusqu’à sa mort.
Publication de Charles Camoin, les Maîtres de l’estampe française contemporaine aux éditions Rombaldi avec 10 estampes originales (préface de Jean Alazard).
1947
Mort de Bonnard le 23 janvier et de Marquet le 12 juin.
Camoin décoré de la croix de la Légion d’honneur en septembre.
Exposition particulière à la galerie Charpentier.
1948
Séjour dans la région d’Aix durant l’été.
1949
Mort de Manguin le 25 septembre.
Séjour à en Bretagne chez les Eiffel.

Camoin dans les hauteurs de Saint-Tropez, 1950, Archives Camoin

Camoin devant sa voiture-atelier Cocotte, Ramatuelle, 1956-1957, Archives Camoin
1950
Exposition particulière à la galerie Charpentier.
1951
Séjour en Corse.
Exposition « Le fauvisme » au Musée national d’art moderne à Paris et exposition particulière à la galerie J.-M. Vidal à Paris.
1953
Séjour dans la région d’Avignon en avril.
1954
Mort de Matisse le 3 novembre.
1955
Séjour en Italie (Rome, Florence, Naples, Venise).
Officier de la Légion d’honneur et Grand Prix de la Biennale de Menton.
Exposition particulière à la galerie André Romanet à Paris.
1956
Séjour à l’hôtel Méditerranée à Cannes durant l’hiver.
Publication de Charles Vildrac, Éloge de Charles Camoin, Paris, Manuel Brucker. Expositions particulières à la galerie André Maurice et à la galerie Drouet à Paris.
1957
Visite à Jean Puy, à Roanne, avec qui il poursuit une abondante correspondance. Séjours à Cannes et à Nice, retour à Saint-Tropez.
1958
Exposition rétrospective à la galerie Marcel Bernheim.
1959
Commandeur des Arts et des Lettres.
Exposition rétrospective à la galerie Abels, Cologne.

Camoin travaillant à un pastel, Atelier de Saint-Tropez, 1963, Archives Camoin

Camoin à l’inauguration de la galerie Michel André, Paris, mars 1964, Archives Camoin
1960
Mort de Jean Puy le 6 mars.
Séjour dans la région d’Aix durant le printemps.
Exposition particulière à la galerie Robert Schneider, Paris.
1961
Exposition rétrospective aux Hammer Galleries à New York où il se rend avec Lola.
1962
Séjour à Aix à l’hôtel Le Pigonnet.
Exposition hommage à Camoin au Salon d’automne.
Expositions « Les Fauves » à la galerie Charpentier à Paris en mars et « Gustave Moreau et ses élèves » au musée Cantini à Marseille en juin, Camoin dernier survivant de l’atelier.
1963
Séjour à Aix durant l’été.
1964
Séjour à Aix en juin.
1965
Décès dans son atelier de Montmartre le 20 mai. Repose au cimetière Saint-Pierre à Marseille. Lola lui survit jusqu’en 1988.
Exposition particulière à la galerie André à Paris.
1966
Exposition rétrospective au Musée des beaux-arts à Marseille
1967
Exposition rétrospective à la Beilin Gallery à New York, puis itinérance au Venezuela.
1971
Exposition rétrospective « Charles Camoin soixante-dix ans de peinture », Palais de la Méditerranée à Nice.
1972
Publication de la première monographie importante consacrée à Charles Camoin par Danièle Giraudy aux éditions La Savoisienne.
